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Et si - Pour une mobilité plus inclusive

Comment les nouvelles mobilités donnent du sens à la ville ?
Chez Territoire, on fait le pari de la transition optimiste… et elle passe par la mobilité ! A la fois vecteur d’émancipation et révélateur des transformations sociétales, la mobilité interroge et inspire. Le 28 novembre 2019, le temps d’une soirée, autour d’une table ronde, nous avons exploré ses multiples facettes avec nos invités Laure Colliex, Bertrand Fleurose, Thomas Barbelet et Stéphane Hugon, sous le regard de Rip Hopkins. On vous raconte ?
Désormais au coeur des attentes des citoyens, la mobilité dépasse largement le transport. Que révèlet- elle d’une ville plus sereine, plus fluide, plus inclusive ? Le territoire devient expérientiel et s’utilise avec les autres. Voilà en substance ce que Cécile Badouard, DG de MarketAudit a voulu explorer avec ses invités.
La mobilité :
de l’émancipation à la rencontre
Avec Stéphane Hugon on a commencé par donner une perspective historique au sujet. Longtemps, la mobilité urbaine était considérée comme vecteur d’émancipation individuelle. La ville était une promesse de liberté et d’anonymat précieux. Aller en ville, c’était s’affranchir d’un certain nombre de contraintes et pesanteurs. La ville devenait le terrain des possibles. « L’air de la ville rendait alors plus libre » résume en quelques mots Cécile Badouard. Avec les années 2000 et l’encombrement croissant des voies, cette promesse, entièrement centrée sur l’individu, s’essouffle et laisse place à des envies de ré-enracinement et de partage. Plus que l’anonymat, nous cherchons le lien social. Retrouver une place au sein du groupe. La ville veut (re)devenir inclusive, fluide, terrain de jeu où chacun peut mener ses activités comme il l'entend et sans entrave. La mobilité doit aujourd’hui être vecteur de cette fluidité, création d’expériences et d’horizons communs.
D’une logique de transport à une logique de mobilité
Enjeu majeur des politiques publiques, des changements profonds sont à l’oeuvre dans nos modes de déplacement. Thomas Barbelet, Directeur Exécutif Groupe Prospective, Marketing, Communication de Keolis, résume les mutations profondes de cette nouvelle mobilité, sous l’acronyme CASE : Connectée, Autonome, Shared (Partagée), et Électrique (comprendre « Environnement-friendly). Rien de plus facile aujourd’hui, smartphone à la main, de passer d’un vélo au Tram, de réserver un scooter ou vérifier l’heure d’arrivée de son bus. Mais attention tempère-t-il immédiatement : a contrario de cette vision idyllique de la mobilité urbaine, s’impose une réalité qu’on ne peut laisser de côté. Keoscopie, l’observatoire des Mobilités mené par Keolis, nous apprend par exemple que plus de 20% de la population se déclare en situation de fragilité lors de leur déplacement : fragilité d’orientation, de lecture, de mouvement, ou encore d’accès au digital. Autre chiffre à prendre en compte selon Thomas Barbelet : dans un monde où les modes de transport se tournent particulièrement vers les plus jeunes, il y a deux fois plus de personnes âgées que de moins de 25 ans qui utilisent aujourd’hui les transports urbains. Des données qui permettent à Keolis d’aller au-delà de son rôle d’opérateur de transport et d’accompagner les politiques locales sur un éco-système de mobilités qui peut nourrir le territoire dans son ensemble et répondre aux besoins de TOUS les utilisateurs.
La mobilité, ou comment l’offre crée la demande.
« À Paris, il y avait un besoin qui frémissait. Un ou deux ans après Velib, j’ai commencé à y penser. Puis c’est devenu une évidence, persuadé qu’il y aurait une population en demande. En juin 2016, naissait Cityscoot » raconte Bertrand Fleurose PDG et fondateur du scooter électrique, partagé et en free floating. 20 à 30 minutes gagnées par jour pour ses utilisateurs. Temps précieux. Et voilà comment les nouvelles mobilités renouent avec cette liberté qui manquait de plus en plus à la ville.
Réapprendre à circuler sans entraves, librement remet en question la valeur de la propriété. A quoi bon posséder quand on peut simplement utiliser ? Quand on lui demande donc comment va évoluer le marché, Bertrand Fleurose répond sereinement. Bertrand Fleurose PDG de Cityscoot Les différentes offres de mobilité vont continuer à coexister sans heurts. A chaque forme de mobilité, sa typologie de clients et de trajets. On prend le vélo plutôt pour les trajets intramuros de 5 à 10 kms et le scooter pour ceux au-delà de 10 kms. Quant à la trottinette, elle n’est utilisée que pour les trajets rapides de moins de 5 kms. Donc pas d’overlap mais une vraie complémentarité. Une complémentarité qui ne peut exister qu’avec la RATP, véritable lien entre ces différentes offres. Et la ville devient l’étendard d’une certaine Liberté – Égalité – Mobilité.
L’art comme ciment identitaire
Au tour de Laure Colliex Directrice Générale de Manifesto de nous éclairer sur le projet « Tandem », concept phare et inédit du Grand Paris. Et si l’art participait à la création d’un ciment identitaire ? Pour que la création culturelle puisse nous réunir, encore faut-il qu’elle se donne à voir au quotidien. Les musées ne jalonnent pas nos parcours, alors qu’une gare, chacun s’y rend, chacun y passe. Et dans le cadre du Grand Paris, on parle de 68 gares à venir ! Le concept est le suivant :
chacune des 68 nouvelles gares s’est vue confier un tandem d’architecte-artiste, pour développer un univers imaginaire, et ceindre le Grand Paris d’une bordure de gares-musées où les voyageurs pourront être transportés, dans tous les sens du terme. Ces lieux de mobilité participent à la création d’une identité et d’une expérience, et si les L’art comme ciment identitaire Laure Colliex Directrice générale de Manifesto premières ouvertures sont prévues pour 2024, Manifesto n’attend pas pour convier le public à l’écriture de ce Grand Paris. Les chantiers sont rythmés par des événements et des manifestations culturelles, qui viennent donner une temporalité et de l’émotion à cette future mobilité. Ce projet « Tandem » fait le pari de l’art comme nouveau terreau commun, participant au fil des jours et des voyages à faire mieux exister la métropole francilienne.
Et l’optimisme dans tout ça ?
A la conjonction entre libération, individualisme, projet sociétal et politique, a-t-on raison d’être optimistes ? Nos 4 invités sont unanimes : les nouvelles solutions de mobilité, les politiques et la volonté citoyenne sont au rendez-vous, alors oui, il y a fort à parier que la mobilité est en bonne voie vers la transition optimiste. Cet optimisme, nous avons voulu l’illustrer en
collaborant avec Rip Hopkins, photographe de l’agence Vu et auteur du projet Too Late, pour témoigner de tout ce dont on ne veut plus : des anonymes pressés, immortalisés dans une urgence. Prendre conscience que l’on mérite mieux et changer son rapport au temps. Choisir pour ne plus subir. Apprendre à partager et s’enthousiasmer des liens qui se créent. Et si l’enthousiasme s’auto-génère, alors considérons le comme une énergie renouvelable.


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